Un juge fédéral a statué que le « Groupe de travail sur le climat » du département de l'Énergie des États-Unis avait été créé illégalement et que le gouvernement avait enfreint les règles visant à garantir l'équilibre et la transparence des organes consultatifs. Ars Technica rapporte que cette action en justice a également entraîné la divulgation des communications du groupe, notamment des courriels désormais publics.
Ce genre de procédure peut sembler purement procédural, mais c'est souvent là tout l'enjeu. Si un gouvernement souhaite réformer la réglementation climatique, il lui faut un processus qui résiste à l'examen.
Ce que le Groupe de travail sur le climat essayait de faire
Comme l'explique Ars, ce constat repose sur la « conclusion de danger » de l'EPA, une évaluation scientifique établissant que les gaz à effet de serre présentent des risques pour la santé et le bien-être publics. Cette conclusion fonde le pouvoir de l'EPA de réglementer les émissions de carbone en vertu de la loi sur la qualité de l'air (Clean Air Act).
Le rapport du groupe du DOE visait à saper le bien-fondé de ces réglementations en semant le doute sur la science climatique dominante.
La question juridique : les comités consultatifs ont des règles
La loi fédérale sur les comités consultatifs (FACA) vise à empêcher les « comités parallèles » d’influencer les décisions gouvernementales sans rendre de comptes. En général, si un groupe consultatif est créé pour conseiller le gouvernement, il doit :
- Adoptez un point de vue relativement équilibré
- Tenir des réunions publiques (ou suivre les procédures requises)
- Conservez des documents accessibles au public.
Ars rapporte que le groupe opérait en secret et que ses membres étaient invités à utiliser des courriels privés afin de réduire leur visibilité publique.
Pourquoi la dissolution du groupe n'a pas fait disparaître l'affaire
Ars note que le ministère de l'Énergie a par la suite dissous le groupe et a tenté de faire valoir que la poursuite était « sans objet ». Mais les tribunaux peuvent toujours statuer sur des violations avérées, surtout lorsque la procédure judiciaire a déjà révélé des informations clés.
En l'espèce, le juge a conclu que l'absence de défense de fond de la part du gouvernement établissait de fait les violations de la loi FACA.
Ce que les courriels divulgués apportent à l'histoire
Les communications divulguées sont importantes car elles modifient le « ton » du débat politique. Au lieu de se focaliser uniquement sur les conclusions du rapport final, les observateurs peuvent constater :
- Qui a organisé le groupe et pourquoi ?
- Comment les membres ont discuté de la science conventionnelle
- L’intérêt réel pour l’évaluation indépendante par les pairs
- Comment les critiques internes ont été gérées
Ce type de preuve documentaire peut s'avérer pertinent dans de futurs litiges concernant des assouplissements réglementaires, car il témoigne de l'intention et du processus.
Pourquoi cela est important pour la réglementation climatique à venir
La réforme réglementaire ne se résume pas à la publication d'une nouvelle règle. Il s'agit de constituer un dossier administratif qui puisse résister à un examen judiciaire.
Si les fondements scientifiques et procéduraux sont faibles, les tribunaux peuvent :
- Exiger des agences qu'elles refassent le travail
- Renvoi des règles pour justification supplémentaire
- Déclarer les actions illégales
Cela signifie qu'une conclusion relative à un « comité illégal » peut avoir des répercussions bien au-delà du comité lui-même.
En résumé
Cette décision n'est pas seulement une victoire pour les défenseurs de la transparence ; c'est un avertissement : les politiques climatiques fondées sur des processus consultatifs secrets et déséquilibrés sont juridiquement fragiles. Quelle que soit la prochaine initiative de l'administration, elle devra être élaborée en toute transparence, sous peine de se retrouver invalidée par les tribunaux.